Les deux premiers homicides de l’année 2018 à Montréal auraient été perpétrés par des femmes. Coincidence  ? Probablement !

Suite  à une conversation que j’ai eue avec des collègues cet après-midi, j’ai constaté que même les gens qui travaillent dans le milieu de la justice, criminalité, etc… ont encore des idées préconçues sur les femmes qui tuent. Voici quelques faits sur le sujet !

Nous sommes portés à croire que les personnes qui tuent (pour une raison  ou une autre) ne sont que des hommes (ou que très rarement des femmes). Ceux-ci seront surpris d’apprendre qu’environ 15% des auteurs de meurtres au Canada  sont commis par des individus de sexe féminin.

NOMBRE D’HOMICIDES COMMIS PAR DES FEMMES  VS. HOMMES AU CANADA

2017 – non disponible.
2016 – 53 par des femmes /// 354 par des hommes.
2015 – 61 par des femmes /// 464 par des hommes.
2014 – 67 par des femmes /// 405 par des hommes.

 

Nous avons également tendance à conclure que les meurtrières agissent de façon plus réfléchie et rationnelle, et que ce serait par nécessité d’agir ou par urgence d’agir (elle se sent prise et sa vie menacée) qu’elles auraient développé un stratagème implicant la mort d’autrui, alors que rien n’indique que ce soit le cas.

Sans même connaitre le motif précis d’un meurtre, on saute souvent aux conclusions beaucoup plus rapidement lorsque la personne accusée est une femme que lorsqu’il s’agit d’un homme ! Les conclusions “classiques” sont :

– Une femme qui avait des problèmes psychologiques/troubles mentaux. Il faut la soigner. (dépression, épisode dépressif post-partum, burn-out, etc…)
– C’était une victime de violence conjugale qui avec le temps, a fini par exploser et perdre le contrôle.

– La femme était placée dans une situation de conflit, le niveau de la chicane a escaladé rapidement et elle s’est retrouvée dans une situation imprévue. Elle a du se défendre au meilleur de ses capacités, ce qui, dans un cas comme celui-ci ou la mort d’un individu représente le résultat d’avoir employé la force nécessaire/requise pour repousser son attaquant.

– Une cause d’abus de substances qui s’est mal terminé. L’alcool et les drogues ne sont pas pas toujours les ingrédients magiques pour obtenir un heureux mélange dans une situation familiale tendue. Les gens sont imprévisibles. Les effets contraires à ceux souhaités peuvent se manifester facilement. La situation maintenant devenue trop difficile à gérer, elles passent à l’Acte.

On estime que les femmes représentent environ 15% des individus que nous qualifions de meurtriers.

Ce qui a tendance à surprendre le plus les gens, c’est que les meurtres commis par les femmes sont beaucoup plus violents, plus sanglants et plus cruels que ceux qui sont commis par des individus de sexe masculin. La différence entre une scène de d’homicide commis par une femme vs une scène de d’homicide commis par un homme est souvent très révélatrice. La différence est souvent étonnante !

Pourquoi les homicides féminins font davantage l’usage de violence, de cruauté et d’intensité dans la brutalité ?

La réponse peut paraitre simpliste, mais les femmes  tuent souvent par vengeance, avec l’esprit colérique/maniaque. La femme cherche à se défouler et a exprimer sa colère pendant l’acte. Le meurtre féminin est majoritairement basé sur une émotion (jalousie, mépris, remords, rancune), une agitation, une provocation. La femme veut laisser sa trace, et veut combler une certaine satisfaction par sa vengeance.

Les hommes, pour leur part, ne sont pas réputés pour reproduire les mêmes scènes de violence que l’on constate chez les femmes (sauf dans les cas de meurtres en série).

Les hommes tuent souvent pour un profit, ou dans un contexte de “business” comme on le voit souvent dans le milieu du crime organisé et des gangs de rue. Très peu de femmes sont impliquées dans les hautes hiérarchies des gangs criminalisés – ce qui explique qu’on ne recense presque pas de ce type de meurtre chez les femmes.

Les hommes qui tuent dans un contexte comme celui-ci cherchent à commettre un attentat “Vite fait, bien fait” sans faire de dégâts pour éviter qu’on puisse remonter trop facilement jusqu’au coupable. Contrairement aux femmes, ils vont souvent choisir les armes à feu pour arriver à leurs fins – ce qui explique les dégâts limités.